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Marc St-Pierre
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Le 28 mars 2012 à 13 h 00 min   

Quand un mort s’ajoute à la liste des gens que j’ai connus, c’est comme si tous les autres décédés avant lui se rassemblaient dans ma mémoire pour lui faire une haie d’honneur, pour l’accueillir dans mes souvenirs. Je me disais qu’un jour, immanquablement, tous ces morts que je porte en sauront plus sur moi que les vivants qui m’entourent. Chaque personne que je côtoie, que je connais, porte bien malgré elle, une partie de ce que je suis… Chacune est dépositaire d’une partie de mes archives personnelles, comme je suis dépositaire des leurs et chaque fois que l’une d’elles passe l’arme à gauche, elle emporte une partie de mon passage, une partie de mon passé dans ce monde. The show must go on.

J’avais écrit ces quelques mots il y six ans presque, lorsque mon notaire est décédé. Un notaire dont le record du nombre de points en séries éliminatoires au hockey junior canadien n’a pas encore été été battu. Et ne le sera jamais. Ces mots me sont revenus l’autre jour pour d’autres raisons. Je faisais avec une collègue une présentation au congrès de l’AQETA dans le cadre d’un Symposium sur l’alphabétisation. Il y avait juste devant moi, dans la première rangée, Paul Gérin-Lajoie. J’ai eu le bonheur d’échanger avec lui sur les travaux qu’avaient réalisés Arthur Tremblay de l’École de pédagogie et d’orientation de l’université Laval sur la persévérance scolaire en 1955.  Bien avant que M. Gérin-Lajoie ne devienne le 1er titulaire du ministère de l’Éducation du Québec et qu’Arthur Tremblay n’en devienne le premier sous-ministre en titre. Et bien avant, vous le devinez, que la question de la persévérance ne soit un thème à la mode, voire une industrie.

Et puis je lui ai parlé de ce mémoire qu’il avait déposé au nom de la Fédération des collèges classiques à la Commission royale d’enquête présidée par le juge Thomas Tremblay en 1953. Et, là, difficile à expliquer, une fraction de seconde, j’ai senti que défilaient derrière le regard de M. Gérin-Lajoie, des visages d’un autre temps, l’appel furtif des disparus. Et peut-être ces mots de Rutebeuf, mis en chanson par Ferré: « que sont mes amis devenus, vous que j’ai de si près tenus, et tant aimés… » Et j’ai vu, imaginé, la haie d’honneur.

Et j’ai été, un bref instant, extrêmement ému.

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Marc St-Pierre
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Le 16 mars 2012 à 13 h 20 min   

Un imam se pointe 15 minutes dans un abattoir, prononce quelques prières, bénit des poulets, des bouchers et leurs couteaux et le Québec profond est à l’envers. Et pour laisser aux gens le choix de manger ou ne pas manger de poulet ainsi consacré à la gloire du Prohète et du Dieu unique, il faudrait étiqueter toutes les volailles qu’un imam aurait bénies? C’est quoi ça ? Du George Orwell sur l’acide ? Va-t-il falloir réclamer des poulets halal destinés aux non-musulmans une sorte d’apostasie post-mortem??? Les tremper dans une saumure à base d’eau de Pâques afin de les rendre propres à la consommation???

C’est dimanche. J’ai 10 ans. Je suis à table avec le reste de la famille, quelques oncles et tantes. Une belle grosse dinde rôtie trône au centre. Les atocas sont à côté. Les patates pilées attendent leur dose de gravy… Qui dira le bénidicité ?

« Bénissez nous, Seigneur, bénissez cette dinde, ceux qui l’ont préparée, et procurez du pain à ceux qui n’en ont pas ! Ainsi soit-il ! »

L’ami Mohammad bénit l’oiseau avant sa mise à mort,  mon oncle Gérard préfère faire ça après… Alors, on se fait un p’tit référendum d’initiative populaire ?

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Marc St-Pierre
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Le 24 février 2012 à 15 h 07 min   

Je n’avais pas vraiment envie d’aller de ce côté-là, mais enfin comme il a été question des augmentations de salaires de 20% qu’a promises la CAQ aux enseignants du Québec, alors j’y vais.

D’abord, le salaire au rendement pour les enseignants, je n’y crois pas. Et visiblement la CAQ non plus puisque de ce côté-là on semble dire qu’on n’a jamais dit ou écrit ça. Même si on l’a laissé dire longtemps. Le temps que ça a eu l’air de payer à l’urne. Je ne dis pas non plus qu’on ne devrait pas verser de meilleurs salaires ou accorder de meilleures conditions d’exercice de la profession aux enseignants. Ce que je dis c’est que dans ce dossier-là, l’absence de vision systémique des « penseurs », si peu qu’il y en ait, de la CAQ, me désole et me surprend à la fois. Et je m’explique.

Réflexe de gestionnaire direz-vous, mais je ne crois vraiment pas que les gens de la CAQ aient vraiment mesuré l’impact d’augmenter subitement de 20% la masse salariale d’un groupe d’employés de l’État.  Les impacts anticipés ne sont pourtant pas anodins: remise en question de l’équilibre fragile des mesures d’équité salariale pour tous les salariés; rupture des liens de cohérence entre le traitement des différents groupes de professionels de l’éducation, c’est toute la structure salariale du secteur de l’éducation qui est remise en question. Équilibre entre les revenus et les dépenses des caisses de retraite. Rien de moins. Je vais illustrer la chose avec quelques exemples.

Les enseignants et les professionnels en éducation reçoivent des salaires annuels à peu près équivalents. Le jour où les enseignants recevraient l’augmentation promise par la CAQ, quel enseignant voudrait accepter une réduction de salaire de 20% pour aller occuper un poste de professionnel ? Qui accepterait une réduction de salaire pour devenir conseiller pédagogique, agent de réadaptation ou orthopédagogue professionnel ? Que diront, tant qu’à eux, les psychologues scolaires, les conseillers en information scolaire, les conseillers en orientation, les psycho-éducateurs, et tous les autres professionnels?Qui voudra occuper un poste de direction adjointe dans une école primaire ou une petite école secondaire alors que le salaire actuel d’un adjoint de ce type d’école est moins élevé que salaire actuel d’un enseignant qu’on majorerait  de 20%? Le traitement maximum d’un directeur adjoint du primaire ou d’une école secondaire, petite ou moyenne, est actuellement de 77 118$. Le salaire MOYEN (pas maximum) d’un enseignant majoré de 20% serait de 78 000$ par année environ. Pour un enseignant d’expérience, le salaire dépasserait les 85 000$. Rien pour vous attirer vers un poste de direction. Alors ?

A-t-on  finalement seulement mesuré les impacts actuariels de ces éventuelles augmentations sur les caisses de retraite des enseignants? Cinq ans après qu’on ait accordé ces augmentations, des enseignants pour lesquels on aura prévu de longue date une rente de retraite de près de 50 000$ par année, recevront près de 60 000$. Et on me dira que ça n’aura aucun impact sur la caisse ? On va faire quoi pour ajuster ? Augmenter les cotisations ? Repousser l’âge de la retraite ? Investir davantage, ce qui va augmenter la facture initiale de 950M$ annoncée par M. Legault.

Non, je n’ai rien lu là-dessus. Rien. Laissez-moi vous dire que ça témoigne d’une absence de vision systémique. Tiens, une dernière: La CAQ prévoit geler les subventions aux écoles  privée et ainsi récupérer autour de 60M$ si je me rappelle, dans le but de constituer la cagnotte de 950 millions requise pour mieux payer les enseignants. Que feront alors les écoles privées qui ont pour plusieurs, dans leurs conventions collectives ce qu’on appelle des clauses-remorque ? Pour les non-initiés, il s’agit de clauses qui font en sorte que les hausses de salaire consenties aux enseignants du public s’appliquent « mutatis mutandi » aux enseignants du privé. Ça va être plaisant à gérer avec des subventions gelées… remarquez que je ne tirerai pas une p’tite larme là-dessus. Je ne suis juste pas certain qu’on ait vu ça du côté de la CAQ. C’est ce manque d’anticipation qui me consterne. Après on se plaint quand on se fait traiter d’apprentis sorciers.

Alors voilà. Et je ne parle pas de la question de l’abolition des commissions scolaires qui nous mène tout droit vers une centralisation du système  avec des pouvoirs plus grands que jamais concentrés au MELS et dans ses succursales régionales. Non, ce qui est inquiétant c’est rien ne semble réfléchi à fond, que les élections s,en viennet et que Legault s’est engagé à agir dans les 100 premiers jours de son mandat. Peut–être nous dira-t-il qu’il voulait dire mille finalement…

Ce qui m’inquiète, c’est que moi, un p’tit DGA d’une commission scolaire du 450 je sois capable de voir venir ces choses-là et d’en parler. Pas les caquistes ? Des promesses intenables que je vous dis.

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Marc St-Pierre
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Le 9 février 2012 à 2 h 07 min   

De bien drôles de choses aujourd’hui sur Twitter. Notamment un tweet de la nouvelle présidente de l’exécutif de la CAQ, Dominique Anglade, qui vient soutenir, « chiffres » à l’appui, que la situation du décrochage scolaire stagne au Québec depuis plus de 30 ans… Elle se demande « Comment prétendre que le décrochage scolaire s’améliore (sic) comme le prétend la présidente de la FCSQ? ». Bien évidemment, elle reprend la ligne que François Legault et ses « spinneux » répètent ad nauseam depuis presqu’un an.

Sa déclaration échappe au bon sens, totalement. Je m’explique. Il y a quelque part une firme privée, qui s’appelle McKinsey, qui s’engage auprès du président du CA de la Banque de Montréal, Jacques Ménard, à soutenir ses efforts pour lutter contre le décrochage scolaire, en fournissant bénévolement des services professionnels. Une manière de s’engager socialement. Or, voilà qu’à l’automne 2011, le directeur de McKinsey au Québec, présente devant quelques centaines de personnes à Québec un état de situation qui témoigne d’une réelle diminution du décrochage au Québec, conséquence, dit-il, de la mobilisation d’un certain nombre d’acteurs, dont au premier rang, les commissions scolaires.

Or, Dominique Anglade, elle faisait quoi dans la vie, avant de passer à la CAQ ? Elle était consultante senior chez McKinsey et voilà qu’aujourd’hui, elle nous raconte que son employeur nous raconte des salades ???? Qu’Éric Lamarre, directeur de McKinsey, présente aux principales parties prenantes de la lutte au décrochage des données erronées, produit du travail d’analyse des professionnels de sa firme ??? Ou bien Éric Lamarre est dans le vrai, ou bien lui et ses consultants sont dans le faux. Mais une chose est sûre, il est en train de se faire déculotter sur la place publique par une de ses employés qui contredit ses données à lui et le fait passer pour un menteur à la face du monde scolaire et de ses partenaires.

Je ne sais pas comment comprendre tout ça. On est en face de quoi? Une employée déloyale ou une nouvelle victime de la ligne de parti?Aujourd’hui sur Twitter, il y a quelqu’un qui a fait parvenir à Mme Anglade le rapport qu’a produit bénévolement la firme pour laquelle elle travaillait (ou travaille encore?):

@margueritebeaucMarguerite Beauclair
@DomAnglade Rigueur de votre part? Amélioration:OUI! Voir bilan produit par McKinsey en octobregroupeactionperseverance.org/media/20111011…

Un rapport positif sur la question du décrochage auquel son employeur a associé son image corporative. Un rapport que McKinsey et compagnie a produit, endossé et présenté devant plusieurs centaines de personnes à Québec. Elle n’a rien répondu. Je l’ai aussi relancée, et c’est le silence radio, pas de son, pas d’image.

Je dois penser quoi?

Ajout le 10 février:

On m’a dit que Mme Anglade aurait quitté son poste chez McKinsey au moment où elle a formellement annoncé son entrée en politique active. Une politique de la boîte, semblerait-il.  Pourtant, dans le communiqué de la CAQ annonçant son entrée dans l’équipe de François Legault, on dit bien qu’elle EST consultante chez McKinsey.

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Marc St-Pierre
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Le 16 décembre 2011 à 21 h 06 min   

On a un politicien dont la grande priorité est l’éducation. Il crie sur tous les toits que les taux de décrochage stagnent au Québec depuis vingt ans. Or, les données récemment publiées par le MELS démontrent hors de tout doute que les taux actuels d’abandon sont les plus bas observés au Québec depuis vingt-cinq ans au moins et que la tendance à la baisse est bien là. Je l’ai écrit il y a quelques mois déjà dans ce blogue, mais là, les vrais chiffres sont sortis.

On a un politicien qui articule tout son plan d’action autour du fait que ça va mal. On a un bon système, des élèves performants, mais trop de décrocheurs et le système a besoin d’un électro-choc, dit-il. Or, si sa prémisse pout tout changer est fausse, ce qui visiblement est le cas, que va-t-il maintenant devoir inventer pour justifier son plan? Je pense que je le sais: il va nous dire que tout le progrès réalisé est exclusivement dû aux efforts et aux initiatives déployées par les directions d’écoles et qu’on aurait de bien meilleurs résultats encore si ce n’étaient de ces affreux bureaucrates scolaires qui parasitent et détournent à leurs propres fins des millions et des millions de dollars destinés aux élèves. Un peu comme ces dictatures mafieuses du tiers-monde qui détournent à leur profit l’aide internationale destinée à leurs populations.

Il va inventer quelque chose, parce qu’il ne dira jamais qu’il a eu tort.

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Marc St-Pierre
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Le 10 novembre 2011 à 14 h 44 min   

Demain j’amorce avec un groupe de directions d’école une tournée des services administratifs de ma CS. Nous allons déterminer ensemble qui, dans chaque service, verra son poste aboli. On va arrêter les coupures quand on aura récupéré 50% de la masse salariale des services centralisés. On va ensuite trouver une façon de prendre cet argent pour mieux payer certains profs ou tenter d’attirer les meilleurs d’entre eux dans les milieux les plus difficiles, à conditions qu’ils renoncent dans une bonne mesure, à leur sécurité d’emploi et acceptent d’être évalués.
À la fin de l’exercice, il ne restera probablement plus grand-chose ou grand monde. Je vous explique :les CS du Québec coûtent actuellement quelque chose comme 560M$ en dépenses de nature administrative, ce qui représente entre 5% et 6% de leurs budgets totaux. La CAQ veut réduire de moitié la somme pour mieux payer les profs. Par ailleurs, cet argent n’est pas entièrement dépensé dans les officines des bureaucrates. Chez nous, 45% de ces dépenses sont faites directement dans et par les écoles et les centres, plan d’enregistrement comptable à l’appui. Ce qui veut dire au fond que pour atteindre la cible de réduction de ces dépenses, sans toucher aux écoles, il faut à toute fin pratique abolir tous les postes dans les services et les dépenses afférentes. Il restera ensuite un petit 5% à récupérer et investir dans une coopérative de services régionale.
Ce jour-là, les écoles seront enfin autonomes. Par nécessité.
Prenez ça au 2e dégré, la tournée des services, c’est une farce. Le reste, pas sûr…

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Marc St-Pierre
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Le 3 novembre 2011 à 10 h 32 min   

Qu’ont en commun des programmes tels que la Forêt de l’Alphabet, Apprendre à lire à deux, Fluppy, Check in Check out, STEP pour la transition primaire-secondaire, les modèles mixtes d’apprentissage en ligne pour la formation continue des enseignants, les CAP, l’enseignement explicite, Abracadabra, La Roue, le modèle RTI, l’intervention à trois niveaux ou les programmes d’encadrement positifs tels que SCP ou First Step ? Qu’ont-ils en commun à part le fait d’être actuellement en phase d’implantation ou de généralisation, d’expérimentation ou d’évaluation chez nous, à la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord? Je vous le donne en mille : ce sont tous des programmes ou des approches issus de la recherche et dont l’efficacité a été démontrée et soutenue sur la base de données probantes.
Nous développons, implantons, utilisons, expérimentons ou évaluons actuellement chacune de ces approches dans le cadre de protocole ou d’ententes de partenariat avec des équipes de chercheurs de différentes universités québécoises. C’est un vaste chantier qui met à contribution chacun de nos conseillers pédagogiques, nos cadres des services éducatifs, nos directions d’écoles et plusieurs centaines d’’enseignants. Le dossier est piloté en direct par la direction générale. L’ensemble de ces éléments ont été nommés et décrits dans le cadre de la Convention de partenariat établie entre notre CS et le MELS et chacun de ceux-ci correspond à un aspect de notre réalité et des besoins de notre population scolaire.
Nous monitorons, analysons, chacun de ces programmes. Nous avons développé des outils de suivi des résultats, des tableaux de bord avec et pour nos écoles afin qu’elles assoient leurs décisions, se questionnent à partir d’une analyse de leurs propres résultats.
J’ai la conviction que ce que nous faisons, ce que nous menons, c’est une réforme majeure. Une réforme qui n’est pas commandée par un ministère, mais par la réalité d’un contexte régional et d’enjeux de développement social et durable. C’est une réforme qui émerge du portrait et de l’analyse que nous avons fait de notre situation, de la situation de notre territoire. Une réforme qui n’est pas forcément tendance ou au goût du jour puisqu’elle s’appuie sur l’état des connaissances scientifiques sur les approches efficaces et mise sur les activités quotidiennes en soutien au transfert des connaissances entre milieux de recherche et milieux de pratique. Et je ne parle pas d’un transfert théorique, mais de réalité quotidienne. Le « making of » du transfert.
Et pourtant, nous ne sommes pas différents des autres. Nous ne possédons pas plus ni moins de leviers d’action, de ressources ou de marge de manœuvre que quiconque. Nous nous sentons responsables et redevables vis-à-vis notre population, les gens de notre région et leurs élus. Et nous avons la conviction que, comme éducateurs, nous pouvons faire une différence, notamment pour ce qui concerne la lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale et le droit de chacun à une qualité de vie.
Tout ce développement autonome, fruit de recherche, de contacts, de démarchage, aurait-il pu être réalisé dans un contexte tel que celui qui nous est proposé par les Legault de ce monde, un contexte où, privés d’élus et de gouvernements locaux, les écoles seront plus que jamais à la merci des modes pédagogiques, de la quincaillerie néo-libérale et du pouvoir centralisé? La CAQ ne veut plus pour le Québec une économie de succursale. Pourtant, c’est ce qu’elle prépare pour nos écoles et nos régions : une éducation de succursales avec ses gérants dans les écoles et le bureau-chef à Québec et des directions régionales comme courroies de transmission.
Le 30 juin 2012, je serai à la retraite. Mais pas inactif.

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Marc St-Pierre
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Le 25 octobre 2011 à 16 h 13 min   

Aujourd’hui, je me sens pris en souricière, coincé entre des politiciens qui surfent allègrement sur la vindicte populaire pour proposer des façons de se débarrasser de moi, le bureaucrate; les faiseux d’opinions prêts à dire rien et un peu moins sur strictement n’importe quoi pour un peu d’audience; une Fédération de commissions scolaires qui n’en finit plus de s’auto-flageller dans l’indifférence et le quotidien à animer au travers du reste.
Avouez qu’il y a de quoi perdre le Christ dans la parade. Qu’est-ce que ça veut dire une école autonome? Qu’est-ce que ça veut dire une coopérative de services ? Pas sûr des réponses que j’obtiendrais si je sondais systématiquement les directions d’écoles du Québec! Plus de responsabilités et moins de reddition de compte, est-ce que ça se peut ça? Plus de responsabilités avec deux fois moins de monde pour répondre au téléphone dans une direction régionale qui s’occupe de deux fois plus d’écoles? Non, je ne la comprends pas celle-là. Des directions d’écoles qui seraient évaluées par quelqu’un dans une direction régionale mais le CE de l’école aurait le dernier mot, comme le propose la CAQ? Si on dit la même chose des deux bords, le directeur a-t-il un recours? Si ma DR m’aime, mais pas mon CE? Si mon CE m’aime mais pas ma DR? J’appelle qui si rien ne fonctionne, si la COOP ne coopère pas? Est-ce que la FQDE et sa présidente ne devraient pas se garder une petite gêne plutôt que de donner l’impression de se vendre corps et âme à la CAQ?
Aujourd’hui je me sens pris en souricière. Plus ça va, plus je me dis que ce que tout le monde demande c’est non seulement le beurre et l’argent du beurre, mais en plus le sourire de la fermière.

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Marc St-Pierre
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Le 20 octobre 2011 à 10 h 28 min   

La nouvelle a fait le tour des médias. Hier, le 19 octobre, on en a parlé à toutes les chaînes. Non, je ne parle pas de la patente, le commission d’enquête. Non, je parle des élèves de ma commission scolaire qui ont été suspendus pour avoir été associés à des activités de cyberintimidation visant des enseignants. Je suis fier de la façon dont cette intervention a été menée. Mes collègues ont été saisis de cette information jeudi le 13 octobre dernier en fin de journée. À partir des informations qui ont été transmises par les corps policiers, les élèves impliqués ont pu être retracés. Les directions des écoles secondaires fréquentées par ceux-ci ont été convoquées en soirée pour une rencotre d’urgence. Le syndicat des enseignants a été mis à contribution et invité également de même que des représentants des policiers. Les parents des élèves visés ont tous été avisés le soir même que leurs enfants étaient suspendus de leurs cours le lendemain, vendredi, et qu’avant de réintégrer, ils devaient participer avec leurs enfants à une rencontre de sensibilisation-formation avec des policiers, aux locaux de notre CS, le lundi 17 octobre. Mardi matin, les élèves réintégraient leurs cours.
Le reste vous l’avez vu à la télé ou lu dans les journaux. Et parlant télé, hier soir, TVA a présenté une entrevue sur le sujet avec la présidente de la FQDE, Mme Chantal Longpré. Naturellement, celle-ci a souligné à juste titre que la cyberintimidation est inacceptable et qu’il faut avoir à cet égard une attitude de tolérance zéro. Jusque là, ça allait. Puis, on lui a demandé si pour elle, ce qui avait été fait à la CSRDN était la bonne chose à faire. Ce à quoi Mme Longpré a répondu que ce qui devait être fait a été fait et de la bonne façon. Jusque là, ça va bien.
C’est ensuite, quand elle souligne et salue que la force de cette action résidait dans le fait que les directions des cinq écoles concernées s’étaient concertées entre elles, avaient impliqué les parents dans la démarche et les corps policiers, dans une perspective communautaire… Ce n’est pas ce qu’elle a dit à ce moment là qui m’a choqué. Je lève aussi mon chapeau au travail des directions d’écoles de chez nous. Elles ont très bien fait ce qu’elles avaient à faire. Non, ce qui m’a choqué, c’est ce qu’elle sait très bien et n’a pas dit, à savoir que cette action-là est le fait d’une initiative de la direction générale de la commission scolaire et que c’est cette direction générale qui a convoqué les directions, proposé un plan de match, associé le syndicat et les policiers et répondu aux médias. Ça m’a choqué, parce que cet « oubli » sentait la p’tite politique à plein nez. Parce qu’à ce moment-là, Mme Longpré a viré sa veste de bord pour s’afficher aux couleurs de la CAQ. Et je ne l’ai pas pris. Et je ne le prends pas. J’ai du respect, beaucoup de respect, je le répète, pour ce qu’ont fait nos directions dans ce dossier-là. Mais j’ai aussi beaucoup de respect pourr la vitesse de réaction, l’initiative et le travail de mobilisation qui a été fait par mes collègues de la direction générale là-dedans. Ce qu’a totalement occulté Mme Longpré. Parce que souligner les bons coups des CS ne sert visiblement pas son agenda politique. Voilà, c’est dit. La vie continue.

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Marc St-Pierre
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Le 4 octobre 2011 à 11 h 15 min   

Dans quelques mois je vais peut-être me retrouver devant une quarantaine de finissants d’un programme de formation à l’emploi et leur remettre les attestations témoignant du travail qu’ils auront réalisé ces trois dernières années. Et dans la salle, il y aura des enseignants, des parents et des partenaires du marché du travail qui ont mis l’épaule à la roue pour fournir à ces jeunes la meilleure formation possible soit en les accueillant et en les supportant dans leurs entreprises ou en leur enseignant chaque jour.
Tous ensemble, nous célébrerons la réussite de ces jeunes. Parce qu’elle n’aura pas été facile. Tous ces jeunes ont eu un parcours scolaire difficile. Très difficile. Les trois années qu’ils auront passées dans ce programme leur auront permis de maîtriser un certain nombre de fonctions de travail qui leur permettront d’occuper des emplois peu ou semi-spécialisés. Ils auront aussi développé des attitudes, et une éthique de travail pour se maintenir en emploi. Tout ça afin qu’ils aient le droit de gagner leur vie en occupant des emplois qui ont une valeur sociale réelle, qu’ils développent leur autonomie, dans le respect de ce qu’ils sont et dans la dignité.
La belle vie
La vie ne sera pas facile pour eux et elles. Dans cette si merveilleuse « société du savoir », il y a de moins en point de place et de valeur pour ceux qui sont hypothéqués aux plans intellectuels ou cognitifs. De moins en moins. Les emplois et les opportunités qu’on leur offrait il y a 50 ans, elles sont maintenant offertes aux pays en voie de développement. Il y a de moins en moins d’emplois à leur mesure disponibles aujourd’hui. Si la vie n’est facile pour personne, elle l’est encore moins pour eux.
La réalité
Dans ma courte allocution, je vais parler de leur courage, c’est sûr. En d’autres lieux, je parlerai aussi des efforts qui devront être faits par la communauté pour supporter ces jeunes et leurs familles, parce qu’ils auront toujours besoin de support. Je vais parler de l’engagement de leurs enseignants et de l’appui qu’on a reçu des partenaires du milieu du travail qui ont accueilli ces jeunes dans leurs entreprises dans le cadre de stages de formation pratique. Des syndicats locaux qui ont fait les compromis nécessaires aussi pour que ces jeunes profitent de ces stages et y soient parrainés par des gens d’expérience.
Le fantasme
Dans la vraie vie, la réalité, c’est comme ça que les choses vont se passer. Et nous serons tous émus. Moi le premier. En revenant chez moi, dans ma voiture, ce sera autre chose. Je vais me faire des scénarios a posteriori, juste pour me faire du bien. Des fantasmes. Je vais m’imaginer que j’ai montré aux parents et à tout le monde deux belles grandes photos, une de Joseph Facal et une autre de François Legault.
Les médailles en chocolat
Je leur dirai que Joseph Facal considère que les attestations qu’on remet à ces jeunes n’ont pas plus de valeur que des « médailles en chocolat ». Et je vais leur donner une copie du billet qu’il a publié sur son blogue à ce sujet. Et du même souffle je dirai à certains des parents qui sont dans la salle et qui ont dû se recycler après avoir perdu un emploi dans le secteur manufacturier que l’AEP (attestation d’études professionnelles) qui leur a été décerné par un Centre d’Études Professionnelle, dans le cadre d’une entente de services avec Emploi-Québec, ne vaut pas davantage.
Les artifices du MELS
Pour ce qui concerne François Legault, ce qu’il en pense, ou en tout cas ce qu’il en a dit à St-Jérôme la semaine dernière, je le dirais aussi : un artifice du MELS pour gonfler artificiellement les taux de diplomation au Québec. Parce qu’au Québec, on en est rendu là, donner des attestations et des diplômes à des gens qui savent à peine lire, écrire et compter. Qui n’ont même pas complété une troisième année du secondaire.
Les mal-cités
Bien sûr, les Facal et Legault vont répondre tout ce que les Facal et Legault de ce monde répondent en pareille situation : ce n’est pas ce que je voulais dire. Malheureusement c’est que vous avez dit. Bien sûr que vous ne vouliez pas blesser des gens. Mais c’est ce que vous avez fait. Pourquoi ? Un peu d’effet dans un discours ? Des images? La renommée ? Un peu de considération ? D’applaudissements ? Quelques votes ?
Pas pour mal faire
Non, je sais, vous n’avez surtout pas dit ces choses pour discréditer des jeunes dont l’estime est déjà passablement amochée. Ni pour décourager des parents qui ont vécu un difficile processus de deuil à cause des limitations de leurs enfants. Non plus pour dévaloriser le travail de tous ceux qui croient et s’investissent dans des programmes qui ne valent pas la peine de compter dans les statistiques. Parce qu’il n’y a que deux « vrais » diplômes, deux « vrais » parcours de formation, non ? En tout cas, c’est ce que j’ai compris… Pardon ? Ce n’est pas ce que vouliez dire? Je comprends. Un peu d’effet, des applaudissements, l’amour du public… un ou deux appuis au passage. Je comprends. Mais je n’accepte pas.

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