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Marc St-Pierre
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Le 25 février 2013 à 21 h 30 min   

NOTE: J’ai publié ce texte ce matin sur le blogue de Clément Laberge. Clément me demandait de lui dire pourquoi je croyais que la mise en place d’approches efficaces pour l’enseignement de la lecture au Québec se butait à des obstacles de nature idéologique et avaient finalement peu à voir avec la démonstration de leur efficacité dans le cadre de recherches rigoureusement menées. La discussion se poursuit sur le blogue de Clément.

Clément,

Tu m’as demandé de développer davantage sur les obstacles de nature culturelle auxquels nous nous butons encore trop souvent lorsqu’on parle de l’apprentissage de la lecture au Québec. Soit. Mais avant tu dois voir d’où vient mon intérêt pour cette question.

J’ai répété à de multiples tribunes que l’apport principal de l’école à la lutte à la pauvreté et à l’exclusion, dans le cadre de sa mission propre, débutait par la maîtrise des meilleures approches disponibles pour favoriser l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. J’ai ajouté à cela que l’école et les enseignants ne peuvent pas faire tout le travail et qu’il importe que les familles, les quartiers et les villes, les organismes, les entreprises et les institutions tissent des liens serrés autour de leurs écoles avec comme objectif de développer le goût de la lecture et de la culture.

Je souhaite que l’école s’acharne, conformément à sa mission première d’instruire, à faire en sorte que tous les enfants sachent lire à la fin de la 1ère année et mobilise sa communauté proche autour de cet impératif, afin que, comme institution, elle puisse afficher haut et clair sa mission d’initiation culturelle et de transmission culturelle. Que l’école, et tous ceux qui l’habitent ou l’entourent, affichent, travaillent et vivent ces missions si intimement liées avec autant de clarté et d’insolence, presque, que d’autres institutions affichent le souci de soigner les malades, ou d’enrichir leurs actionnaires, ou de divertir le public.

Le débat sur les façons efficaces d’enseigner la lecture et donner le goût de lire, à moins de faits nouveaux, n’est plus à faire. En 1997, à la demande du Congrès américain, un groupe d’études, le National Reading Panel, a été formé afin d’investiguer la question des méthodes d’enseignement. Plus de 100000 études ont été recensées. Les principales recommandations vont notamment dans le sens d’un enseignement plus systématique des relations entre graphèmes et phonèmes, dès l’entrée à l’école.

Nous savons que des approches sont meilleures que d’autres, que certaines d’entre elles peuvent profiter à certains enfants, à un moment ou à un autre de leur apprentissage, moins à d’autres. Les approches les plus efficaces sont connues et documentées. Au niveau des interventions précoces, des programmes existent, pensons aux travaux réalisés à l’UQAM par les Brodeur, Laplante et Dion qui nous ont donné la Forêt de l’Alphabet, Apprendre à lire à deux, et bientôt une version francophone d’ABRACADABRA. Pensons également au programme La Roue, mis au point par Lise Larouche ou aux méthodes d’apprentissage et de rééducation développées par Christian Boyer.

Soyons clair : la question des méthodes de lecture est fermement résolue. Les méthodes globales ou semi-globales sont un échec et tous les enfants, quelle que soit leur origine sociale, peuvent tirer des bénéfices d’un enseignement explicite et le plus précoce possible des correspondances entre les lettres et les sons du langage. Ce fait est établi, soutenu par d’importantes recherches pédagogiques et cohérentes avec ce qu’on connaît du fonctionnement du cerveau. Ce point de vue a été notamment développé par Stanislas Dehaene, dans son ouvrage « Les neurones de la lecture ».

Si plus d’enfants depuis vingt ans avaient su lire à la fin de leur première année à l’école, grâce à l’utilisation de méthodes d’enseignement efficaces, beaucoup plus auraient pris goût aux études, auraient persévéré et réussi. Et cela aurait été particulièrement vrai pour les garçons, les élèves à risque et ceux de milieux défavorisés. On n’en serait pas où nous en sommes et on ne serait pas là à tout vouloir restructurer le système d’éducation à chaque fois qu’éternue un peu fort un faiseur d’opinion ou un politicien en quête d’électeurs.

Ceci étant dit, il y a deux ans, au moment de la rentrée scolaire, la Fédération des syndicats de l’enseignement émettait le souhait que la ministre de l’Éducation apporte des modifications aux programmes de formation du préscolaire et du primaire afin que ceux-ci prennent acte de la recherche sur l’enseignement et l’apprentissage de la lecture. Cette demande a été positivement accueillie et la ministre s’était engagée à apporter des ajustements.

Dans les jours qui ont suivi, l’Association des professeurs de français du Québec, par la voix de sa présidente Suzanne Richard, a dénoncé cette annonce en disant notamment que si ces changements devaient survenir, le Québec reculerait de 40 ans. L’association des enseignantes du préscolaire n’a pas été plus tendre.

Pourtant, des expériences ont eu lieu au Québec et ont fait la preuve de l’efficacité des approches qui s’appuient sur les principales recommandations du National Reading Panel ou du Conseil Canadien de l’Apprentissage. Mais il y des lobbys qui s’opposent à ce qu’on intervienne de façon précoce et systématique pour permettre à tous les enfants d’apprendre à lire. Pourtant, me semble-t-il, nous avons tout ce qu’il faut pour faire lever une vague de réussite. Il faudrait pour ce faire offrir un programme beaucoup plus riche, de la maternelle 4 ans à la fin de la 2e année, en misant notamment sur l’intervention précoce en littéracie et le développement des habiletés sociales. Il faudrait intervenir de façon massive et intensive. Si on cherche des raisons pour agir, en voici quelques-unes, toutes très bien documentées :

➢ Un enfant qui ne peut maîtriser la lecture dès la fin de sa première année du primaire risque de généraliser ses difficultés à l’ensemble des matières. L’onde de choc est inévitable. Et la situation ne ferait que s’aggraver avec le temps : le fameux « effet Mathieu ».

➢ Près de 80 % des élèves qui ne savent pas lire au terme de leur première année mettront plus de six ans à terminer leur primaire.

➢ Les difficultés en lecture constituent le motif principal invoqué pour justifier une prolongation du 1er cycle du primaire.

➢ Globalement, c’est en milieu défavorisé que les difficultés en lecture semblent les plus importantes.

➢ Les écoles secondaires qui accueillent le plus d’élèves ayant accumulé un retard au primaire, sont celles où les taux de persévérance sont les plus bas et où les élèves ont les moins bons résultats en langue maternelle.

Mais il est clair que proposer un enrichissement du curriculum de la maternelle 4 ans à la 2e année soulèverait des oppositions. Celles de l’Associations des enseignantes du préscolaire, de l’Association des professeurs de français. Dans les journaux ce matin, je lisais la réaction de l’Association des CPE qui dénonçait l’implantation des maternelles 4 ans en milieu défavorisé. Ce qu’on risque d’entendre si on devait aller de l’avant avec le genre de plan que je propose, c’est qu’on va créer des petits robots qui ânonnent des ba-be-bi-bo-bu sans comprendre ce qu’ils lisent. On va dire qu’au préscolaire les enfants ne pourront plus jouer, qu’on va leur voler leur petite enfance. Or, tout cela est faux.

Il faut cesser d’attribuer une étiquette politique aux questions scientifiques qui relèvent de l’éducation en général et de la lecture en particulier. Les confusions entre les questions scientifiques basées sur la recherche et les choix politiques basés sur des valeurs alimentent des débats stériles au détriment de la recherche de la vérité et les enfants en sont souvent les premières victimes.

Pourquoi l’Association des enseignantes du préscolaire dénonce-t-elle cette approche? Pourquoi la présidente de l’Association québécoise des professeurs de français, Suzanne Richard, écrivait-elle que les principes sur lesquels s’appuie ce type d’approche nous feraient reculer de 40 ans ? Je ne sais pas et ça me dépasse. On croirait revenir aux querelles qui ont opposé l’Église et la science pendant des siècles. Et qui les opposent toujours sur certaines questions, rappelons-le.

Je te reviendrai, si tu le souhaites sur la question des orthopédagogues. Mais je peux te dire déjà que dans les écoles où on a implanté de nouvelles façons de faire en lecture, plus conformes avec ce que nous apprennent les recherches rigoureuses, le nombre de référence en orthopédagogie diminue de façon substantielle. Ce qui laisse beaucoup plus de temps aux orthos pour intervenir de façon beaucoup plus intensive auprès d’un plus petit nombre d’enfants. Quand au lieu de suivre 36 enfants, tu n’en suis « que » 12, tu as trois plus de temps à consacrer à ces enfants-là.

Pour terminer, je t’invite à voir ceci: http://rire.ctreq.qc.ca/2013/01/lapprentissage-de-la-lecture-prescolaire-recit-dune-experience-inspirante/ et ne te gêne pas pour aller cliquer les liens…

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Marc St-Pierre
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Le 13 février 2013 à 16 h 01 min   

Plus d’orthopédagogues dans nos écoles, sans a priori revoir la façon dont on enseigne à nos enfants à lire de la maternelle à la 2e année, c’est comme engager plus de mécaniciens pour réparer des autos dont les procédés de fabrication font défaut. Toute comparaison est boîteuse, et bien sûr on n’enseigne pas à lire comme on construit une voiture. Mais force est d’admettre, qu’à défaut d’utiliser des approches efficaces et précoces pour favoriser l’apprentissage de la lecture dès la maternelle, on se condamne à référer en orthopédagogie plus d’élèves qu’il n’en faut. Et on se retrouve dans des situations où des orthopédagogues doivent « suivre » jusqu’à 30 élèves dans une école. Ce qui est inconcevable et inefficace.

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Marc St-Pierre
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Le 12 février 2013 à 15 h 10 min   

Note: Le texte qui suit a été cité cette fin de semaine dans un article du Devoir signé par Marie-Andrée Chouinard: Les parents face à l’école-Des clients ou des citoyens? Il a été publié initialement dans la revue Le Monde de l’Éducation.  Suite aux réactions qu’a suscité le titre à lui seul dans les médias sociaux- Clients ou citoyens?- ou les extraits donnés par Marie-Andrée Chouinard dans son article, on m’a demandé le texte intégral que voici. 

 

Parent, client ou citoyen ?

« Quand mes parents m’ont mis à l’école, ils m’y ont mis comme je prends place dans un avion. À aucun moment mes parents n’ont pensé aller donner des conseils au pilote. C’était la confiance absolue, mais cette époque est terminée.»
(Philippe Meirieu)

 

L’école publique est sollicitée de toutes parts. Le milieu des affaires réclame plus de techniciens et d’ouvriers spécialisés, le secteur de la santé veut éviter de se retrouver avec une pénurie d’employés, les centres de recherches et les industries de pointe veulent plus de jeunes qui optent pour des carrières scientifiques. On souhaite que l’école soit un levier de développement économique et qu’elle contribue également au développement social des communautés. On la veut meilleure, efficace, sur mesure, capable de s’adapter aux besoins changeants.

L’ÉCOLE-MARCHÉ

Au même moment on observe notre système d’éducation se transformer progressivement pour répondre aux besoins et aux désirs des parents les plus mobilisés, influents,  les mieux placés et les mieux informés : offres de programmes sélectifs discriminatoires, financement du secteur privé, concurrence entre les établissements, palmarès, etc. Un véritable marché de l’éducation se développe. Alors que certains y voient des avantages pour les élèves et leurs parents, d’autres considèrent que laisser aller les lois du marché, c’est permettre implicitement l’intégration progressive des inégalités sociales sous toutes leurs formes dans le système éducatif lui-même.

À force de vouloir compulsivement répondre aux désirs de tout le monde, l’école est de moins en moins une institution régie par le droit et la recherche du bien commun. Elle devient un service qui se monnaye et se consomme à la carte. Chacun en veut plus pour son argent.  L’école devient le terrain de jeux des faiseurs d’opinions et pour peu qu’on sache quoi promettre pour la mettre au goût du jour, elle devient électoralement intéressante. Et pourtant, ce n’est pas sa capacité d’être superficiellement au goût du jour qui peut assurer sa réussite durable, non plus qu’améliorer sa contribution à l’édification d’une société plus juste et équitable.

LES PARENTS-CLIENTS

Évidemment, parmi tous les demandeurs de service, il y a au premier rang les parents, les premiers partenaires de l’école. Un nombre grandissant d’entre eux se définissent malheureusement de plus en plus comme des usagers, des clients de l’école qui se « magasinent » des services, des programmes, des diplômes. Des consommateurs qui souhaitent la création d’un vrai marché de l’éducation. La tendance est lourde, large.  C’est à eux qu’on répond d’abord quand on met sur pied des programmes particuliers sélectifs, et c’est aussi leur « liberté de choix » qu’on protège quand on finance un important réseau d’écoles privées, même si cette liberté de choix n’est pas pour tout le monde. Or, les résultats de recherche là-dessus sont de plus en plus clairs : plus on va vers le libre-choix, vers les lois du marché, plus on accepte dans les faits que les résultats des élèves soient déterminés socialement, c’est-à-dire déterminés en fonction, non pas du talent et du potentiel de chacun, mais de la condition sociale des parents de ces enfants et des communautés où ils vivent.

LES EFFETS DU MARCHÉ

On sait maintenant ce qui se passe lorsqu’on laisse jouer les règles du marché en éducation et qu’on laisse s’installer le consumérisme : on crée, à plus ou moins long terme, des ghettos. Plus un système scolaire public permet à ses élèves de sortir de la classe ordinaire et de l’école de quartier pour aller vers une école plus « attrayante », un programme particulier, ou un réseau privé relativement bon marché, plus il accepte que les écarts de réussite se creusent entre les élèves issus de milieux favorisés et défavorisés. L’iniquité qui en découle a un coût social et économique important. Accepter cet état de fait, c’est accepter que les enfants les plus pauvres soient doublement défavorisés : par la pauvreté de leurs parents et par celle du lieu où ils vivent et apprennent. Entretenir et même valoriser un modèle qui visiblement semble creuser les écarts entre les mieux et les moins bien nantis, ce n’est pas gérer l’éducation comme si c’était un bien public, pour le bien public. C’est entretenir un déficit éducatif structurel.

L’ÉCOLE : UN BIEN COMMUN

Le bien commun, écrivait Françoise David,  « en appelle à une vision qui nous entraîne à rechercher l’intérêt général, un partage de la richesse, des savoirs, une reconnaissance de notre interdépendance et, donc, un besoin de solidarité ».  Cette solidarité dont a besoin l’école pour se refaire doit faire table rase du consumérisme scolaire qui amène les élèves et leurs familles à rechercher le meilleur rapport qualité/prix. Quand on transpose cette attitude parentale à l’élève en salle de classe, ce qu’on retrouve c’est la recherche par le jeune du meilleur rapport possible entre l’effort et le résultat : comment en faire le moins possible, pour en obtenir le plus possible. Cette attitude, moussée dans un certain discours, n’entraîne que la méfiance, la peur d’être floué, la judiciarisation des rapports entre les familles et l’école. L’obligation faite aux commissions scolaires de se doter d’un « Protecteur de l’élève » n’est qu’une des manifestations de cette réalité en mouvement.

DU PARENT-CLIENT AU PARENT-CITOYEN

Est-il possible encore de passer du rôle de client à celui de citoyen, soucieux du bien commun et de l’intérêt de tous les enfants? Si on a besoin de tout un village pour élever un enfant, les citoyens du village n’ont-t-ils pas le droit de se prononcer sur la façon de faire? Peut-on en finir avec ce chacun pour soi qui nous mène tout droit vers la fracture scolaire, la fracture sociale? Est-il possible de se donner, école par école, quartier par quartier, ville par ville, une vision généreuse, citoyenne et altruiste de ce que doit être l’éducation? Peut-on encore établir un partenariat productif, je dirais même émancipateur, entre l’école, l’institution, et les citoyens, autour de cette recherche du bien commun et non au travers des revendications individuelles et du marchandage?

Évidemment, c’est là un projet de société. Nous devrons être dans la vie, pour paraphraser Gandhi, le changement que nous voulons pour l’école. Combien d’entre nous, enseignants, partenaires ou décideurs dans le système scolaire, avons les mêmes attitudes consuméristes, les mêmes demandes quand il s’agit de nos propres enfants?

 

AGIR ENSEMBLE

Le partenariat, bien sûr, ce n’est pas la confusion des rôles ni la déresponsabilisation. L’école a des devoirs à faire, les parents également.  Le bien commun ne sera bien servi que si chacun sait ce qu’il doit et peut faire. Comment mettre au service des enfants les compétences complémentaires des enseignants, des parents et de la communauté proche?

La division des tâches, des rôles et des responsabilités entre l’école et la maison a toujours existé. Malheureusement cette division n’a jamais été moins consensuelle qu’aujourd’hui. Est-il nécessaire, par exemple, que tous les enfants sachent lire à la fin de la première année ? Que doivent faire les écoles pour y arriver ? Quelle est la part des parents ? Le rôle de l’État? Y a-t-il seulement un consensus sur cette question si fondamentale ? Non. Pourtant, faire en sorte que tous les enfants sachent lire à la fin de la 1ère année et développent le goût de lire ensuite pour apprendre, est-ce que ce n’est pas la meilleure façon pour l’école de contribuer à la lutte à l’exclusion sociale et aux iniquités ?

EN CONCLUSION

Je dis aux écoles et aux enseignants : si vous voulez que les parents fassent leur travail, ne leur demandez  pas de faire le vôtre et ne leur faites pas porter le poids de vos propre manquements.

Je dis aux parents : si vous voulez que les enseignants fassent leur travail, ne leur demandez pas de faire le vôtre. Et ne leur faites pas porter le poids de vos propres manquements.

Je dis à mes anciens collègues décideurs : si vous voulez que les parents et les enseignants fassent leur travail, ne leur demandez pas de faire le vôtre et ne leur faites pas porter le poids de vos propres manquements.

L’école et la famille sont des lieux d’apprentissage et de socialisation, elles usent de stratégies différentes pour y arriver ; l’école et la famille doivent se compléter pour remplir la fonction d’éducation qui leur est individuellement assignée. Mais il est difficile de se compléter si nous n’avons pas une vision commune de ce que doit être l’école dans le monde où grandissent tous nos enfants, de toutes origines et conditions.

 

L’école a certes besoin des parents pour se faire au quotidien. Mais elle a besoin également que les parents s’élèvent un temps au-dessus de la mêlée et revêtent leurs habits de citoyens pour contribuer de façon solidaire à l’avènement d’une École publique responsable, équitable et communautaire, au service de tous les enfants.

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Marc St-Pierre
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Le 22 août 2012 à 14 h 03 min   

La CAQ promettait avant le déclenchement de la campagne électorale des augmentations de salaire de 20% à tous les enseignants des commissions scolaires. Rien pour ceux du privé, rien pour ceux du collégial. Puis, ce 20% pour tous a glissé vers une moyenne de 20%, les dites augmentations pouvant varier en fonction d’un certain nombre de critères, dont le niveau de défavorisation des écoles. Il y a grosso modo au Québec 82 000 enseignants, lesquels gagnaient en moyenne 62 000$ annuellement en 2011-2012. Cela représente une masse salariale de plus de 5 milliards. Or, augmenter cette masse salariale de 20% coûte dans les faits 1 milliard.

J’ai talonné plusieurs caquistes, à commencer par leur chef, afin qu’on m’explique comment on  pouvait financer, à partir du milliard qu’on voulait investir en éducation, une augmentation qui coûte un milliard à elle seule, des services supplémentaires et une heure de plus à l’école secondaire. Un candidat de la CAQ, Mario Asselin, m’a dirigé vers une vidéo   dans laquelle le chef de la CAQ parle maintenant d’une augmentation de 10%. Je suis allé vérifier ensuite dans le cadre financier de la CAQ, disponible sur leur site web. La somme dédiée aux augmentations de salaire des enseignants est en fait de 421M$. Cela représente une augmentation d’à peine 8% au bout de quatre ans. Pas tout à fait 10% et loin du 20%.

Or, surprise, lors du débat hier soir, Jean Charest a questionné François Legault sur cette question. Il a demandé au chef caquiste s’il maintenait les augmentations de 20% pour les profs. Legault a alors parlé d’augmentation variant entre 10% et 30%, pour une moyenne de 20%…

Alors, l’augmentation, c’est 8%, 10% ou 20%? Si je me fie à ce que j’ai entendu au débat hier, c’est plus 20%, soit une dépense de 1 milliard. Ce qui signifie qu’en fonction du cadre financier de la CAQ il ne reste plus rien pour l’ajout de professionnels et l’heure supplémentaire au secondaire. Si je me fie au cadre financier déposé par la CAQ, c’est 8%, ce qui signifie qu’hier soir au débat M. Legault a sciemment menti à la population en promettant des augmentations de salaires deux fois plus élevées que ce que prévoit son cadre. Alors, qu’est-ce qui n’est pas bon: la parole du chef ou son cadre financier?

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Marc St-Pierre
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Le 7 août 2012 à 15 h 16 min   

C’est aujourd’hui le 7 août. Ces jours-ci, tous mes anciens collègues de la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord, à commencer par ma conjointe, la directrice,  reprennent le boulot. Moi, je suis à la maison. Retraité. Mais ne vous en faites pas, je sais m’occuper. Au plan professionnel, notamment, j’ai trois défis à relever à l’automne. Je vais d’abord enseigner au 2e cycle à l’UQO en gestion de l’éducation. Préparer la relève au poste de direction d’établissement d’enseignement. C’est exigeant et gratifiant à la fois. J’ai également accepté un mandat important de l’OBNL « Réunir-Réussir« . Cet organisme a reçu un double mandat de ses membres fondateurs soit:

  1. Gérer un fonds d’investissement de 50 millions de dollars, provenant à parts égales du gouvernement du Québec et de la Fondation Lucie et André Chagnon, pour soutenir des stratégies régionales et locales qui encouragent la persévérance scolaire.
  2. Veiller à ce que ces investissements régionaux et locaux aient un effet positif sur le taux de diplomation.

Ce sera donc pour pour moi une opportunité de demeurer engagé dans la lutte au décrochage scolaire et une façon de mettre à contribution l’expérience et les réseaux professionnels que j’ai développés au fil des ans.

Dans un autre créneau, j’ai aussi accepté le printemps dernier de présider le comité éditorial de la nouvelle revue « Le Point sur le Monde de l’Éducation ». Cette revue, dont le premier numéro paraîtra à l’automne 2012, est né de la fusion du Point en Administration de l’Éducation et du Monde de l’Éducation. Depuis que le MELS a mis fin après 35 années à la publication de Vie Pédagogique, Le Point sur le Monde de l’Éducation sera la seule revue « grand public » dont le contenu sera entièrement consacré aux enjeux du monde de l’éducation au Québec et ailleurs. L’expérience de quelques années  au comité de rédaction de Vie Pédagogique me sera sûrement utile !!!

Bien évidemment je continuerai à publier régulièrement sur ce blogue, et à être présent sur Twitter. Je participerai également à un certain nombre d’activités en lien avec le transfert des connaissances issues de la recherche en éducation, notamment dans le domaine de la littératie précoce, de l’enseignement efficace et de la gestion des comportements.

Une bonne rentrée tout le monde !

 

 

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Marc St-Pierre
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Le 27 juin 2012 à 15 h 30 min   

François Legault a oublié de mentionner bien des choses dans le portrait idyllique qu’il a tracé des années 70 dans l’introduction de son message de la Fête nationale. Il dépeint un peu rapidement cette merveilleuse époque. C’est bien de nous rappeler le Québec des grands projets mobilisateurs comme la Baie James, le métro, les Jeux olympiques, les Expos. Mais il faut se rappeler aussi les bouleversements qui ont marqué cette glorieuse époque. Pas un mot sur la Crise d’octobre, la grève du front commun et l’emprisonnement des chefs des trois grandes centrales syndicales. Tiens, je prends une année au hasard, disons 1973-74, parce c’est l’année qui nous a fait découvrir Beau Dommage, Harmonium, les Séguin, Plume. Les années de CEGEP, les miennes, mais aussi celles de M. Legault puisqu’il est à peine plus jeune que moi. Alors voilà, au-delà de la description du chef de la CAQ, ce que  cette année a aussi été, qu’on le veuille ou non :

  • La grève des 2000 employés de la United Aircraft qui a culminé avec l’occupation de l’usine et l’assaut mené par la SQ pour en déloger les grévistes. La scène avait été décrite en direct, de l’intérieur par José Ledoux alors reporter à CKVL. Les grévistes avaient reçu l’appui de René Lévesque, alors chef du PQ, du maire de Longueuil, Marcel Robidas et du député fédéral, Jacques Olivier;
  • La grève et le saccage du chantier de LG2 à la Baie James;
  • La commission d’enquête sur le crime organisé et la commission d’enquête sur l’industrie de la construction;
  • Le Dr Henry Morgentaler condamné à la prison pour avoir permis à des femmes d’avorter dans des conditions sécuritaires;
  • La grève des pompiers de Montréal qui a culminé lors du tristement célèbre week-end rouge : 25 foyers d’incendie dans l’est de Montréal, 75 bâtiments détruits par le feu. Le quadrilatère Sherbrooke, Amherst, Montcalm et Ontario est rasé;
  • La grève des prêts et bourses : plus de 100 000 étudiants en grève et des occupations de CEGEP. Du 9 au 14 décembre, à la demande des directions des CEGEP l’anti-émeute « vide » les collèges occupés;
  • La fondation de l’Association nationale des étudiants du Québec (ANEQ);
  • Le mouvement de protestation contre la hausse des tarifs du transport en commun à Montréal : désobéissance civile dans le métro, les autobus, manifestation dans les rues: 20 000 personnes protestent.
  • La grève du syndicat des marins qui bloque le trafic sur la voie maritime du St-Laurent et paralyse le port de Montréal;
  • Le journaliste du Devoir, Jean-Pierre Charbonneau, est victime d’un attentat dans la salle de rédaction de son journal: il reçoit une balle à l,avant-bras;
  • La grève des chauffeurs d’autobus et de métro de Montréal, suivi de celle des ouvriers d’entretien;
  • Proclamation de la loi de l’émeute à Ste-Thérèse pour mettre fin à une manifestation provoquée par la mort d’un adolescent abattu par la police locale. Jacques Michel a même écrit une chanson  là-dessus : « On ne tue pas les oiseaux, même quand ils ont les cheveux longs… ».
  • Un agent de la GRC est reconnu coupable d’avoir fait exploser une bombe à Westmount devant le domicile du président de Steinberg;
  • Les manifestations contre la  loi 22 sur les langues officielles qui soulève l’hostilité des indépendantistes québécois ainsi que des anglo-québécois;
  • L’occident est au coeur d’une récession suite au premier choc pétrolier qui s’est amorcé en 1973 et dont les effets se sont faits sentir jusqu’en 1978; c’est aussi l’époque où le gouvernement Trudeau adopte une loi qui a pour effet de geler les prix, mais surtout les salaires des canadiens;
  • L’anti-émeute « vide » le Vieux-Montréal le soir de la Fête nationale…

Alors, peut-être faut-il juste se souvenir que c’est aussi dans la douleur qu’une société accouche de ce qui deviendront, en rétrospective,  ses plus beaux projets… Le Québec des années 70 a été un terreau fertile et a produit des hommes et des femmes de grande qualité, dans toutes les sphères d’activité. Mais on était loin du pays de Candy… Facile d’évoquer le bon goût du beurre d’habitant pour faire saliver les gens. Mais c’en est une autre de leur dire qu’il fallait le baratter à  force de bras, le mouler, laver la baratte, soigner ses ampoules !

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Marc St-Pierre
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Le 8 juin 2012 à 14 h 51 min   

Depuis quelques jours, la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, en prend pour son rhume à l’Assemblée nationale. Et c’est un euphémisme. Peu de temps avant, c’est Line Beauchamp qui démissionait. L’Histoire se chargera bien de remettre tout ça en perspective dans quelques années. Difficile pour moi de me prononcer sur ce qu’on reproche à Mme Courchesne ou ce qui a vraiment amené Line Beauchamp à démissionner. Si on parle éducation, un domaine que je connais quand même un peu, force est d’admettre que l’action combinée de ces deux femmes au MELS aura ramené un certain pragmatisme pédagogique à l’avant-plan après des années de tergiversation. Ce pragmatisme a contribué à ouvrir la porte aux approches et méthodes dont l’efficacité a été démontrée dans le cadre de recherches rigoureuses, particulièrement pour ce qui concerne l’apprentissage précoce de la lecture au préscolaire et au 1er cycle du primaire. Et s’appuyer sur la recherche est une façon d’assurer une certaine pérennité aux initiatives d’amélioration de la réussite en les mettant à l’abri des modes, des réformes compulsives et de la tendance à céder à la saveur de jour. Je ne sais pas pour le reste, mais pour ça, je les remercie toutes les deux.

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Marc St-Pierre
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Le 7 juin 2012 à 14 h 06 min   

Il y a quelques années déjà, j’ai publié sur ce blogue l’histoire d’une directrice d’école. Le texte a fait le tour de la francophonie, est utilisé dans le cadre de cours en gestion de l’éducation, a été repris dans le Devoir et publié dans la revue de la FQDE. C’était une toute petite tranche de vie à laquelle j’ai prêté ma plume. Une sorte d’hommage aussi à la femme qui partage ma vie. Et bien voilà que la directrice a maintenant pignon sur rue et publie sur le web. Un blogue à suivre.

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Marc St-Pierre
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Le 6 juin 2012 à 13 h 53 min   

 Je n’en reviens pas ! Hier, l’Assemblée nationale a adopté unanimement cette motion:

« Du consentement de l’Assemblée pour déroger à l’article 185 du Règlement, M. Gaudreault (Jonquière), conjointement avec Mme Courchesne, ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, M. Curzi (Borduas), M. Caire (La Peltrie) et M. Khadir (Mercier), propose : QUE l’Assemblée nationale salue la tenue du Sommet sur l’éducation publique au Québec et qu’elle reconnaisse la pertinence de la Déclaration en faveur de l’éducation publique au Québec. »

Que l’Assemblée nationale salue la tenue de ce sommet organisé par la Fédération des commissions scolaires, soit. Que la CAQ ait dit oui à cette motion, après avoir toutefois exprimé des réserves quant au rôle des CS, c’est spécial. D’autant plus que la motion saluait non seulement la tenue du sommet, mais reconnaissait la pertinence de la Déclaration en faveur de l’éducation publique au Québec. Or, le quatrième principe de cette déclaration est libellé comme suit:

« Une gouvernance démocratique et partenariale associée à une mission de bien commun, en s’assurant de maintenir et de renforcer le rôle des commissions scolaires ».

Que la CAQ ait appuyé cette motion est très très spécial. Ben coudonc…  merci  M.Caire !

 

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Marc St-Pierre
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Le 6 juin 2012 à 13 h 16 min   

Mon Alma mater, l’UQAM, m’a remis il y a quelques semaines un prix Reconnaissance. Bien évidemment, la nouvelle a fait le tour et j’ai reçu plusieurs témoignages et des félicitations. De mes proches, ma famille, des collaborateurs ou des gens que je côtoie sur le Web. Mais, surprise, la semaine dernière j’ai reçu une lettre de félicitation du Comité exécutif de la ville de Montréal. Ben coudonc. Je ne vis plus à Montréal depuis plus de 30 ans. Ce qui me fait penser que je n’ai rien reçu de la ville de St-Jérôme où je vis et travaille depuis 15 ans. Et c’est un peu à cause du travail réalisé pour les enfants de ma région que l’UQAM m’a rendu cet hommage. Et comme je l’ai mentionné le soir de la remise, j’ai reçu ce prix au nom de tous ceux et celles qui ont fait le travail sur le terrain avec les élèves et qui se sont donnés à fond pour que tous les enfants qu’on leur confie sachent lire à la fin de la 1ère année. C’est un peu beaucoup tous ceux-là que la ville de Montréal a félicité. Mais pas St-Jérôme.

AJOUT:

Je viens tout juste de recevoir une motion de félicitations adoptée par le conseil de la MRC d’Argenteuil ! Ça, ça me fait vraiment plaisir ! Merci aux maires des municipalités de cette MRC et à leur directeur général, Marc Carrière !

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