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Marc St-Pierre
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Le 26 janvier 2012 à 14 h 27 min   

Ce matin, le Journal de Montréal publie un article dans lequel on apprend que les deux enfants de la présidente de la CSDM ont obtenu des postes de directions adjointes dans des écoles de cette commission scolaire. On laisse planer la possibil;ité de conflits d’intérêt, on parle de l’inconfort de la direction des écoles concernées à superviser les enfants de la présidente, etc. Bref, ça ne sentirait pas bon. On a même interrogé à ce sujet l’innénarable  Chantal Longpré, présidente de la Fédération québoise des directions d’écoles, fédération dont les directions d’écoles de la CSDM ne sont au demeurant même pas membres… Or, du point de vue du président de l’association qui représente justement les directions de la CSDM, le processus de sélection est suffisamment rigoureux pour parer aux dérapages potentiels.

Toutes les commissions scolaires se sont données des politiques ou des procédures pour contrer le népotisme, pour éviter que des personnes ne jouissent indûment d’avantages du seul fait que des proches occupent des situations d’autorité au sein des organisations. Mais ces politiques ont un second volet qu’on oublie trop souvent: si je ne peux tirer indûment avantage du fait que mon père est DG ou président d’une organisatiuon, le fait qu’il occupe ce genre de fonction ne doit pas non plus m’empêcher d’obtenir un poste auquel je peux légitimement aspirer.

Ce second élément est appuyé par au moins un jugement de la Cour suprême du Canada. La ville de Brossard avait émis une directive à l’effet de ne pas embaucher pour des templois d’été des étudiants dont les parents travaillaient déjà pour la ville ou étaient conseillers municipaux. La chose s’est rendue jusqu’au tribunal de dernière instance qui a finalement déclaré la directive discriminatoire et contraire à l’application de la Charte des droits. Dans pareil cas, l’employeur a l’obligation de mettre en place des accommodements. Voici d’ailleurs une des conclusions de ce jugement:

La valeur destinée à être protégée par la législation antidiscrimination, savoir que les gens doivent être traités en tant qu’individus et selon leur mérite, me paraît trop importante et trop fondamentale pour céder le pas à une politique rigide d’antinépotisme s’il existe des moyens moins radicaux de protéger l’intégrité de l’administration de la ville et d’assurer l’apparence d’une telle intégrité.

Je pense que c’est important d’apporter cette nuance. Ça ne réparera pas le mal qui a déjà été causé du fait d’un traitement journalistique superficiel, conséquence sans doute de la course au scoop et à la nouvelle qui vend. Ce matin il y a deux directions adjointes à Montréal qui se sentent bien mal parce qu’on laisse planer le fait qu’on ne les a pas engagées parce qu’elles avaient les compétences pour occuper les postes qu’elles occupent, mais parce que leur mère est présidente de la commission scolaire.

En passant, deux études ont été réalisées au Québec sur le travail des directeurs adjoints d’écoles. L’une en 1992, dont je suis l’auteur, et une seconde plus récente par Louise Royal, de l’université de Sherbrooke. Je dis ça comme ça, parce que Louise et moi serions au moins d’accord sur une affirmation de la journaliste, à moins que ce ne soit une improvisation du titreur, à savoir que ces deux personnes ont obtenu des « postes importants ». J’aurais souhaité qu’un tel témoignange de reconnaissance vis à vis le travail des adjoint ait eu lieu dans un contexte différent.

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Marc St-Pierre
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Le 20 janvier 2012 à 17 h 15 min   

La question arrive fort à propos et elle est posée par la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) dans le cadre d’un événement qu’elle organise les 21 et 22 février prochain. Tables rondes, conférences et activités de synthèse permettront aux participants de faire le point, de se questionner, d’échanger. Les thèmes abordés dans le cadre des différentes conférences sont tous aussi intéressants les uns que les autres. Quatre Trois conférences m’intéressent particulièrement:

  • La concurrence en éducation. Quels effets pour quels résultats ?
  • La nouvelle gouvernance en éducation: solution ou cul-de-sac?
  • L’éducation dans les enjeux politiques: marketing politique ou véritable débat?

La qualité des conférenciers et des panélistes laisse entrevoir des débats fort relevés. Ce qui me changera, je l’espère, de l’opportunisme politique ambiant et de ses discours réducteurs.

Cette activité se déroule à Laval, à 25 minutes de chez moi. J’y serai assurément. Le programme est accessible en ligne. Je remercie Jacques Tondreau pour l’invitation.

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Marc St-Pierre
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Le 16 décembre 2011 à 21 h 06 min   

On a un politicien dont la grande priorité est l’éducation. Il crie sur tous les toits que les taux de décrochage stagnent au Québec depuis vingt ans. Or, les données récemment publiées par le MELS démontrent hors de tout doute que les taux actuels d’abandon sont les plus bas observés au Québec depuis vingt-cinq ans au moins et que la tendance à la baisse est bien là. Je l’ai écrit il y a quelques mois déjà dans ce blogue, mais là, les vrais chiffres sont sortis.

On a un politicien qui articule tout son plan d’action autour du fait que ça va mal. On a un bon système, des élèves performants, mais trop de décrocheurs et le système a besoin d’un électro-choc, dit-il. Or, si sa prémisse pout tout changer est fausse, ce qui visiblement est le cas, que va-t-il maintenant devoir inventer pour justifier son plan? Je pense que je le sais: il va nous dire que tout le progrès réalisé est exclusivement dû aux efforts et aux initiatives déployées par les directions d’écoles et qu’on aurait de bien meilleurs résultats encore si ce n’étaient de ces affreux bureaucrates scolaires qui parasitent et détournent à leurs propres fins des millions et des millions de dollars destinés aux élèves. Un peu comme ces dictatures mafieuses du tiers-monde qui détournent à leur profit l’aide internationale destinée à leurs populations.

Il va inventer quelque chose, parce qu’il ne dira jamais qu’il a eu tort.

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Marc St-Pierre
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Le 16 décembre 2011 à 20 h 32 min   

L’histoire n’est pas de moi. Elle m’a été racontée il y a bien longtemps par une collègue de travail. Je vais l’appeler Denise, mais ce n’est pas son vrai nom. J’enseignais au secondaire à l’époque, dans une banlieue de l’est de Montréal. J’étais à l’aube de la trentaine, ma collègue avait deux fois mon âge. On enseignait tous les deux à des élèves en difficulté, moi avec mes théories sur l’éducabilité, elle avec ce qu’elle avait appris de la vie.

C’est un peu avant Noël, les élèves venaient de partir pour les vacances. On s’était fait un petit « social » à trois heures, entre profs, histoire de partager des olives, des p’tites sandwich en triangle et une couple de verres de vin cheap avant de partir en convalescence pour deux semaines. Les petits « social », ma collègue aimait beaucoup. Pas tellement pour les sandwich… Sur le bord du vinier, son coin préféré, elle me parlait d’une élève qu’elle avait eue dans sa classe. Une élève à laquelle elle s’était attachée. Une pauvre petite, comme elle dit. Qui voulait fort mais qui n’avait rien pour elle. Comme tellement d’élèves qu’on croisait à l’époque au professionnel court puis en cheminement particulier. Une fille qui venait d’un quartier pas trop riche. Ses parents étaient de bonnes personnes mais qui tiraient le diable par la queue. Pas du mauvais monde, mais sans trop d’instruction. Une grosse famille en plus, pas riche, pas trop portée sur les grandes études. Comme elle disait, Denise.

Elle a bien essayé de l’aider : les maths, le français, tout le reste, mais ce n’était pas facile. Une fille qui voulait fort, mais qui n’avait rien pour elle. Une fille fine, comme elle disait, Denise. Ma collègue avait de la misère à accepter ça. Elle se demandait, les yeux pleins d’eau, quelle sorte de vie cette fille-là aurait. Je l’entends encore dire : « Si au moins elle était jolie, elle pourrait se trouver un bon mari ». Une femme d’une autre époque ma collègue que je vous disais.

Et puis il est arrivé ce qui arrivait toujours dans ce temps-là : la petite a quitté l’école. Une époque où on ne parlait pas de décrochage et où on acceptait cette réalité : quand t’as pas de talent pour les études, c’est juste normal que tu essaies autre chose. Quand t’es née pour un p’tit pain, tu peux pas faire des sandwich pour tout le monde. Elle est de Claude Meunier celle-là. La petite a quitté l’école et ma vieille collègue a eu beaucoup de peine, pour la 100ème fois. Parce qu’elle avait eu beaucoup d’élèves avant.

Ça faisait quinze minutes que j’écoutais, sans trop savoir de quoi j’étais le plus près : du vinier, ou des larmes. Et c’est là que j’ai demandé à Denise, qui repartait faire le plein de sandwich :

- Coudonc, as-tu eu des nouvelles d’elle depuis?
Elle s’est retournée, le sourire en coin, pour me dire :
- Oui, bien sûr
Je lui ai alors demandé ce qu.elle faisait maintenant la petite
- Elle chante
M’a-t-elle répondu en ajoutant:
- Elle chante Céline et elle a fini par se trouver un bon mari…

On était à Repentigny, vous l’aurez deviné, juste à côté de Charlemagne. Et la Céline de Denise, c’est évidemment celle que vous connaissez. Et vous connaissez la suite…

J’avais eu ma leçon. Une grande leçon d’humilité. Et la plus magistrale des démonstrations. Tous les enfants peuvent apprendre. J’ai souvent raconté cette histoire. C’est la 1ère fois que je l’écris.

Joyeuses Fêtes !

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Marc St-Pierre
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Le 9 décembre 2011 à 10 h 32 min   

Le 1er décembre j’étais au 1er Symposium sur le transfert des connaissances en éducation, organisé conjointement par le MELS et l’Association des doyens, doyennes et directeurs, directrices pour l’étude et la recherche en éducation (ADEREQ). Avec des gens de ma CS, j’y ai présenté les résultats d’une première année d’implantation du programme «La Forêt de l’Alphabet» au préscolaire, dans l’ensemble de nos écoles.
Quelques mots sur le programme
Ce programme est une valeur ajoutée au préscolaire. Des recherches ont démontré que chez les enfants qui ont suivi ce programme à la maternelle, le nombre de ceux ne sachant pas lire à la fin de la 1ère année était trois fois moins élevé que chez les enfants qui n’avaient pas suivi le programme. Le programme permet également de dépister et identifier plus rapidement les enfants à risque ainsi que ceux qui éprouvent des difficultés à apprendre à lire. C’est donc également un programme qui permet de prévenir les problèmes liés à l’apprentissage de la lecture chez les plus jeunes.
Le déroulement général du programme prévoit pour chacune des 26 lettres, outre une activité d’introduction et une autre de synthèse, un ensemble de quatre blocs d’activités durant une semaine, de 15 à 30 minutes chacun. À compter du mois de janvier de chaque année, l’orthopédagogue intervient auprès des élèves qui ne progressent pas suffisamment. Un matériel spécifique a été élaboré pour la gestion et l’animation des activités, et bonifié grâce à la rétroaction des enseignantes et des orthopédagogues.
Les résultats
Après une année d’expérimentation, trois constats ressortent. D’abord le nombre d’élèves considérés à risque en lecture en 1ère année, l’année suivant l’application du programme au préscolaire, diminue pratiquement de moitié. Ensuite, on observe une réduction significative des écarts entre filles et garçons et entre écoles de milieux favorisés et défavorisés. Finalement, les taux d’élèves à risque l’année suivante dans les groupes d’élèves n’ayant pu, pour différents motifs, bénéficier du programme, en tout ou en partie, sont de deux à trois fois plus élevés que dans l’ensemble des groupes. Ces résultats semblent assez conformes avec ce qui a été observé dans le cadre des recherches.
Mais au-delà des mesures réalisées à partir d’outils standardisés, il y a aussi le témoignage quasi-unanime des enseignantes de 1ere année qui ont reçu ces élèves en septembre dernier. Pour elle, ces élèves se distinguent de ceux des cohortes précédentes par le fait que l’apprentissage de la lecture se fait beaucoup plus facilement. Pour ce qui concerne les orthopédagogues, les témoignages sont à l’effet que l’approche permet de cibler beaucoup plus rapidement les élèves à « haut-risque » et de mettre des mesures en place pour ceux-ci au tout début du mois de septembre, en plus de contribuer à réduire le nombre d’élèves qui leur sont référés habituellement..
Où est le problème?
Je pose la question, car il me semble que le contenu de ce programme correspond plutôt bien aux ajustements que la ministre de l’Éducation compte apporter aux programmes du préscolaire et du 1er cycle du primaire pour l’apprentissage de la lecture. Il correspond également à l’orientation de s’appuyer sur des approches supportées par les connaissances issues de la recherche.
Alors où est le problème ? Pourquoi l’Association des enseignantes du préscolaire dénonce-t-elle cette approche? Pourquoi la présidente de l’Association québécoise des professeurs de français, Suzanne Richard, écrit-elle que les principes sur lesquels s’appuie ce type d’approche nous feraient reculer de 40 ans ? Je ne sais pas et ça me dépasse. On croirait revenir aux querelles qui ont opposé l’Église et la science pendant des siècles. Et qui les opposent toujours sur certaines questions, rappelons-le.

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Marc St-Pierre
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Le 21 novembre 2011 à 12 h 46 min   

« Nous sommes dans une période cruciale où nous nous devons de réfléchir ensemble pour mieux utiliser le réseau de services que sont nos commissions scolaires » (Chantal Lonpré, le 21 novembre 2011)
Voilà qui tranche avec la position de la CAQ quant au sort à être réservé aux commissions scolaires du Québec. Après s’être tenue aux côtés de François Legault alors que celui-ci proposait d’abolir les CS, voici que Mme Longpré parle à ses membres de « mieux utiliser le réseau de services que sont les commissions scolaires ». C’est quand même un peu plus qu’une nuance. Quant à l’autonomie, elle ne parle plus de celle des écoles avec tout ce que cela implique, mais de l’autonomie pédagogique, stricto sensu, des directions d’écoles.
Je reproduis à la suite de cette note une copie de la lettre qu’a transmise ce midi Mme Longpré à ses membres par courrier électronique avec la mention « Haute importance. Jugez-en par vous mêmes.

Lire la suite…

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Marc St-Pierre
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Le 10 novembre 2011 à 14 h 44 min   

Demain j’amorce avec un groupe de directions d’école une tournée des services administratifs de ma CS. Nous allons déterminer ensemble qui, dans chaque service, verra son poste aboli. On va arrêter les coupures quand on aura récupéré 50% de la masse salariale des services centralisés. On va ensuite trouver une façon de prendre cet argent pour mieux payer certains profs ou tenter d’attirer les meilleurs d’entre eux dans les milieux les plus difficiles, à conditions qu’ils renoncent dans une bonne mesure, à leur sécurité d’emploi et acceptent d’être évalués.
À la fin de l’exercice, il ne restera probablement plus grand-chose ou grand monde. Je vous explique :les CS du Québec coûtent actuellement quelque chose comme 560M$ en dépenses de nature administrative, ce qui représente entre 5% et 6% de leurs budgets totaux. La CAQ veut réduire de moitié la somme pour mieux payer les profs. Par ailleurs, cet argent n’est pas entièrement dépensé dans les officines des bureaucrates. Chez nous, 45% de ces dépenses sont faites directement dans et par les écoles et les centres, plan d’enregistrement comptable à l’appui. Ce qui veut dire au fond que pour atteindre la cible de réduction de ces dépenses, sans toucher aux écoles, il faut à toute fin pratique abolir tous les postes dans les services et les dépenses afférentes. Il restera ensuite un petit 5% à récupérer et investir dans une coopérative de services régionale.
Ce jour-là, les écoles seront enfin autonomes. Par nécessité.
Prenez ça au 2e dégré, la tournée des services, c’est une farce. Le reste, pas sûr…

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Marc St-Pierre
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Le 3 novembre 2011 à 10 h 32 min   

Qu’ont en commun des programmes tels que la Forêt de l’Alphabet, Apprendre à lire à deux, Fluppy, Check in Check out, STEP pour la transition primaire-secondaire, les modèles mixtes d’apprentissage en ligne pour la formation continue des enseignants, les CAP, l’enseignement explicite, Abracadabra, La Roue, le modèle RTI, l’intervention à trois niveaux ou les programmes d’encadrement positifs tels que SCP ou First Step ? Qu’ont-ils en commun à part le fait d’être actuellement en phase d’implantation ou de généralisation, d’expérimentation ou d’évaluation chez nous, à la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord? Je vous le donne en mille : ce sont tous des programmes ou des approches issus de la recherche et dont l’efficacité a été démontrée et soutenue sur la base de données probantes.
Nous développons, implantons, utilisons, expérimentons ou évaluons actuellement chacune de ces approches dans le cadre de protocole ou d’ententes de partenariat avec des équipes de chercheurs de différentes universités québécoises. C’est un vaste chantier qui met à contribution chacun de nos conseillers pédagogiques, nos cadres des services éducatifs, nos directions d’écoles et plusieurs centaines d’’enseignants. Le dossier est piloté en direct par la direction générale. L’ensemble de ces éléments ont été nommés et décrits dans le cadre de la Convention de partenariat établie entre notre CS et le MELS et chacun de ceux-ci correspond à un aspect de notre réalité et des besoins de notre population scolaire.
Nous monitorons, analysons, chacun de ces programmes. Nous avons développé des outils de suivi des résultats, des tableaux de bord avec et pour nos écoles afin qu’elles assoient leurs décisions, se questionnent à partir d’une analyse de leurs propres résultats.
J’ai la conviction que ce que nous faisons, ce que nous menons, c’est une réforme majeure. Une réforme qui n’est pas commandée par un ministère, mais par la réalité d’un contexte régional et d’enjeux de développement social et durable. C’est une réforme qui émerge du portrait et de l’analyse que nous avons fait de notre situation, de la situation de notre territoire. Une réforme qui n’est pas forcément tendance ou au goût du jour puisqu’elle s’appuie sur l’état des connaissances scientifiques sur les approches efficaces et mise sur les activités quotidiennes en soutien au transfert des connaissances entre milieux de recherche et milieux de pratique. Et je ne parle pas d’un transfert théorique, mais de réalité quotidienne. Le « making of » du transfert.
Et pourtant, nous ne sommes pas différents des autres. Nous ne possédons pas plus ni moins de leviers d’action, de ressources ou de marge de manœuvre que quiconque. Nous nous sentons responsables et redevables vis-à-vis notre population, les gens de notre région et leurs élus. Et nous avons la conviction que, comme éducateurs, nous pouvons faire une différence, notamment pour ce qui concerne la lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale et le droit de chacun à une qualité de vie.
Tout ce développement autonome, fruit de recherche, de contacts, de démarchage, aurait-il pu être réalisé dans un contexte tel que celui qui nous est proposé par les Legault de ce monde, un contexte où, privés d’élus et de gouvernements locaux, les écoles seront plus que jamais à la merci des modes pédagogiques, de la quincaillerie néo-libérale et du pouvoir centralisé? La CAQ ne veut plus pour le Québec une économie de succursale. Pourtant, c’est ce qu’elle prépare pour nos écoles et nos régions : une éducation de succursales avec ses gérants dans les écoles et le bureau-chef à Québec et des directions régionales comme courroies de transmission.
Le 30 juin 2012, je serai à la retraite. Mais pas inactif.

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Marc St-Pierre
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Le 31 octobre 2011 à 13 h 36 min   

Il m’est arrivé de lever le ton récemment afin de rappeler aux gens le CAQ que l’une des prémisses sur lesquelles s’appuie leur projet concernant l’éducation est possiblement fausse. François Legault a répété à des dizaines de tribunes que nous avons un bon système d’éducation, possiblement un des meilleurs au monde. Il cite à l’appui les résultats obtenus par les élèves québécois aux tests internationaux de type PISA. Toutefois, il défend ses propositions, notamment la question de l’abolition des CS et de l’évaluation des enseignants, en s’appuyant sur le fait que la situation de la diplomation et du décrochage stagne au Québec depuis plus de vingt ans.
La situation s’améliore
Or, nous avions déjà dans les CS des données à l’effet qu’au contraire, une tendance à l’amélioration s’était installée et que possiblement nous nous trouvions devant les taux de décrochage les plus bas depuis ces 25 dernières années. Or voici que cette tendance semble bien réelle telle que l’a confirmé l’étude non-gouvernementale réalisée par la firme Mc Kinsey dans une présentation faite lors des dernières rencontres interrégionales sur la persévérance scolaire. La principale conclusion de ce rapport présenté par Éric Lamarre de Mc Kinsey, c’est que beaucoup de chemin a été fait dans ce chantier depuis quatre ans. Ce que visiblement refuse de reconnaître M. Legault.
Raisonner à partir d’une fausse prémisse
Les CS du Québec sont toutes en attente des plus récentes données en matière de persévérance que le MELS devrait rendre publiques en novembre. Ces données vont reconfirmer la tendance à l’amélioration, nul doute là-dessus. Malheureusement, je crois que M. Legault et ses conseillers politiques ne prendront pas acte de ces résultats positifs, parce que ce qui est important, c’est d’appliquer à l’éducation leur médecine de droite. Les faits ne supportent pas leur proposition. Il faudra donc dire que les faits ne veulent rien dire. Parce que pour que les propositions de la CAQ aient un sens, il faut que ça aille mal. Leur argumentation n’est pas valide. Leur prémisse n’est pas acceptable et nettement insuffisante pour conclure aux réformes qu’ils proposent.
Voici ce que feront sans doute les gens de la CAQ, si les faits se vérifient et invalident leur raisonnement :
Ils nous feront croire que leur programme est bon parce que beaucoup pensent que leur programme est bon;
Ils joueront sur les émotions des gens en leur disant que les CS sont « paquetés » de fonctionnaires inutiles qui parasitent les écoles et qui dépensent les taxes des citoyens en se payant des congrès dans des resort cinq étoiles dans le sud;
Ils nous placeront devant de faux dilemmes, du genre : ou bien vous croyez en nos réformes, ou bien vous êtes des bureaucrates ou des syndicaleux qui veulent sauver leurs jobs;
Ils nous diront qu’au fond, les chiffres ne veulent rien dire parce que tout le monde sait que de toute façon ça va mal;
Etc..
Je pense me souvenir qu’au CEGEP, mon prof de philo appelait ça des sophismes.

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Marc St-Pierre
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Le 25 octobre 2011 à 16 h 13 min   

Aujourd’hui, je me sens pris en souricière, coincé entre des politiciens qui surfent allègrement sur la vindicte populaire pour proposer des façons de se débarrasser de moi, le bureaucrate; les faiseux d’opinions prêts à dire rien et un peu moins sur strictement n’importe quoi pour un peu d’audience; une Fédération de commissions scolaires qui n’en finit plus de s’auto-flageller dans l’indifférence et le quotidien à animer au travers du reste.
Avouez qu’il y a de quoi perdre le Christ dans la parade. Qu’est-ce que ça veut dire une école autonome? Qu’est-ce que ça veut dire une coopérative de services ? Pas sûr des réponses que j’obtiendrais si je sondais systématiquement les directions d’écoles du Québec! Plus de responsabilités et moins de reddition de compte, est-ce que ça se peut ça? Plus de responsabilités avec deux fois moins de monde pour répondre au téléphone dans une direction régionale qui s’occupe de deux fois plus d’écoles? Non, je ne la comprends pas celle-là. Des directions d’écoles qui seraient évaluées par quelqu’un dans une direction régionale mais le CE de l’école aurait le dernier mot, comme le propose la CAQ? Si on dit la même chose des deux bords, le directeur a-t-il un recours? Si ma DR m’aime, mais pas mon CE? Si mon CE m’aime mais pas ma DR? J’appelle qui si rien ne fonctionne, si la COOP ne coopère pas? Est-ce que la FQDE et sa présidente ne devraient pas se garder une petite gêne plutôt que de donner l’impression de se vendre corps et âme à la CAQ?
Aujourd’hui je me sens pris en souricière. Plus ça va, plus je me dis que ce que tout le monde demande c’est non seulement le beurre et l’argent du beurre, mais en plus le sourire de la fermière.

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